Introduction :
Ce témoignage met en lumière l’expérience de victimes face à des épreuves difficiles, en particulier celles qui luttent contre des crises invisibles et des souffrances émotionnelles.
Mon parcours de souffrance
Peu avant mon accouchement, en septembre 2014, j’ai été prise de vomissements incessants qui ont duré 15 jours, avec quelques jours de répit. Au début, on a mis cela sur le compte du bébé, qui prenait trop de place, puisque les hormones ne sont plus censées avoir d’effets après trois mois de grossesse. L’ostéopathie m’aidait bien, mais après mon accouchement, le 29 janvier 2015, une nouvelle crise est survenue… et elle n’a jamais cessé.
Je ne pouvais plus m’alimenter, ni allaiter. J’étais devenue une loque. Ma mère s’occupait de moi, mais je me sentais comme un fardeau pour ma famille. Qu’est-ce que j’avais ? Ostéopathe tous les 15 jours, au prix de 60 euros… Examens médicaux : RAS. Qu’est-ce que j’avais ?
La quête de réponses
Après un an et demi, en décembre 2016, après une crise de trop, j’ai eu envie d’en finir. Mon médecin m’a mise sous antidépresseurs et anxiolytiques à forte dose, en particulier du XANAX, et m’a envoyée en urgence chez un psychiatre qui a diagnostiqué un trouble anxieux généralisé (TAG). Il a confirmé l’ordonnance de médicaments.
Qu’est-ce que j’ai fait pour mériter cela ? Je prenais 4g de XANAX par jour, soit 8 cachets. Oui, ça m’aidait, bien sûr… je vomissais moins, les crises s’espaçaient, mais elles étaient toujours là malgré tout. Mon cerveau était anesthésié. Je prenais des décisions qui, aujourd’hui, me paraissent folles.
Je voyais mon psychiatre 10 minutes tous les 15 jours, juste le temps d’avoir mon ordonnance. Il n’avait pas le temps de discuter. Alors, j’ai décidé de voir des psychologues, une, puis une autre, et encore une autre… Je m’appauvrissais, mais le problème était toujours là. Je vomissais. J’en pouvais plus. Ma vie était rythmée par ce que j’ai fini par appeler « VOMITO », et par le XANAX qui m’abrutissait.
Je ressentais une immense culpabilité envers mon enfant, car je n’étais pas la maman que j’aurais voulu être, ni celle que j’avais choisi d’être. Je n’étais même plus la femme que j’avais été avec mon mari. D’ailleurs, nous avons divorcé en plus de tout cela. J’étais malade. Les séances chez les psychologues étaient inutiles, je ne sentais pas qu’elles me comprenaient. « Vos vomissements sont dus à un rejet », me disaient-elles. Oui, j’avais compris, mais après ? J’aimais mon enfant, je l’avais voulu… Mais j’angoissais à l’idée qu’elle meure. « Il faut faire des exercices de respiration », me conseillaient-elles… Mais rien n’y faisait.
Les traitements suivis
Qui soignait le fond ? L’origine ? Ma vie me filait entre les doigts, cela faisait 9 ans… Et maintenant, on fait quoi ?
De 2015 à 2024, en 9 ans, j’ai vu 7 psychologues. Aucune d’elles n’a réellement traité le fond du problème. Et maintenant, j’ai peur de lâcher celle qui me suit actuellement, comme si elle était mon dernier rempart. J’ai peut-être même développé une forme d’addiction à ces séances, tout comme au XANAX.
Mon chemin vers la guérison
En juin 2024, j’ai fait une hijama, et la sœur qui s’occupait de moi m’a conseillé de voir un Raki. Alors, j’ai décidé de faire une Rokya. Oui, je sais, c’était tardif, mais le Raki m’a dit que j’étais victime de sihr. Cela a été un tournant dans ma vie spirituelle. Avant cela, je n’étais pas régulière dans ma pratique religieuse, ni convaincue. Al hamdoulilah, maintenant, c’est différent. Mais au fond, il y avait toujours cette épée de Damoclès qu’était « VOMITO ».
Depuis 2020, j’ai décidé de me sevrer de cette abomination qu’est le médicament. Ça n’a pas été sans mal, mais après 5 ans de lutte, j’arrive enfin à la fin de ce sevrage. Mais il y a toujours ce « mais »… Le fond, on fait quoi ?
Le 22 septembre 2024, je suis tombée sur un compte Instagram, Artbiotherapy. J’ai commenté un post, et cette personne m’a fait une analyse qui m’a laissée sans voix. SubhanAllah. Nous avons échangé, et je lui ai exposé tout ce que je viens de vous raconter. Monsieur Artbiotherapy a pris de son temps pour discuter avec moi, touché par le fait qu’après 9 ans, je sois encore au point de départ. Il m’a expliqué sa méthode et son point de vue. Tout cela a résonné dans ma tête, et m’a fait prendre conscience des nombreuses lacunes dans mon suivi thérapeutique.
Cela fait 9 ans que je suis suivie pour soigner mes symptômes, mais jamais pour soigner mon cœur. Il est temps pour moi d’avancer, car j’ai déjà trop perdu de temps. Artbiotherapy m’a conseillé d’écrire… c’est difficile… mais je ne perds pas espoir, car je sais qu’il va me guider personnellement. Il ne me mettra pas dans une case, celle d’une femme divorcée avec un enfant en détresse, à qui il est plus facile de donner du Xanax pour faire taire ses émotions. Il va plutôt me confronter à ces émotions pour que je cesse de me mentir à moi-même et que, inchAllah, je commence enfin à vivre.
L’importance de se faire entendre
Il y a quelques années, j’aurais eu honte de raconter mon histoire. Aujourd’hui, je veux la crier pour être entendue. J’espère surtout que vous prendrez conscience de votre mal-être et que vous vous adresserez aux bonnes personnes, car la médecine moderne peut parfois détruire des années de votre vie.
Al hamdoulilah.
Celia
